Des coups de coeur comme ça, j'en ai peu...
Cette année, après l'album (au graphisme renversant)
Où est mon chapeau de Masanobu Sato, le roman (drôle et bouleversant)
Oh, boy ! de Marie-Aude Murail, je veux vous parler du Yark (Ed. Grasset).
Tout d'abord, c'est par un heureux hasard qu'il est venu s'installer chez moi. A priori, les histoires de monstres poilus, c'est pas forcément mon truc. Donc, rien ne laissait imaginer que j'allais tomber amoureuse de ce livre.
Au lieu de vous raconter ce court roman, je préfère vous laisser seul juge.
Toutefois, si vous n'étiez pas convaincu (par l'absence de mes arguments, car lorsqu'on aime, on ne sait pas dire pourquoi), je vous dévoile quelques phrases parmi mes préférées :
"Parmi tous les types de Monstres qui grouillent sur Terre,
l'Homme est l'espèce la plus répandue.
Il en est une autre, cependant, plus rare et moins connue.
C'est le Yark. "
Ce sont les premières lignes. Et là, forcément, on adore déjà.
Vous restez sceptique ? Alors, voilà le synopsis : Le Yark mange les enfants, mais pas n'importe lesquels, seulement ceux qui sont sages (les autres le rendent malade). Et de nos jours, qu'il est rare d'en croiser ! Pourtant...
Avouez que vous voulez en savoir davantage, non ?
Tout ce que je peux ajouter c'est qu'en lisant ce petit roman, on rit ET on a les larmes aux yeux.
De plus, les illustrations de Laurent Gapaillard accompagnent et soutiennent le roman avec virtuosité.

Sinon, le Yark a tout pour me plaire :
"Le Yark aime aussi beaucoup les animaux.
Mais il n'en mange jamais, estimant qu'ils sont vraiment trop mignons pour être dévorés. "
"A peine plus haut que trois pommes, l'enfant possède déjà tous les travers des hommes. Ça joue au cow-boys, ça fait le vantard, mais ça mouille sa culotte dès qu'on éteint la lumière du couloir. "
"Tuer son prochain est une sale besogne et aucun Monstre ne trouve de charme à ces crimes carnivores, exception faite, bien sûr, des vampires, des zombies et des toréadors."
Donc, j'ai adoré ces réflexions si réalistes sur la nature humaine. Mais au delà de ces clins d'oeil cyniques et qui nous font sourire, l'histoire de Bertrand Santini est tellement touchante ! Et puis des questions nous viennent à l'esprit... comme par exemple, "peut-on changer sa nature ?"